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Collage Crimes: Carte grise à Guy MaddinGuy Maddin et Ordnance PicturesL’exposition est présentée du 25 avril au 31 mai 2008 Vernissage et lancement du Nº 136 du magazine 24 images consacré au cinéma de Guy Maddin |
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Annuellement, Dazibao invite un artiste qui place l’image au cœur de sa recherche à présenter, par le biais d’une exposition et de manifestations connexes, sa Carte grise. Cet artiste réunit des œuvres d’autres artistes aptes à créer autour de son travail une sorte de caisse de résonance, un dialogue permettant de mieux saisir ce qui nourrit son œuvre. Depuis une décennie, Gilbert Boyer, Raymond Gervais, Lani Maestro, Pierre Dorion, Raymonde April, Evergon, Geneviève Cadieux, Jocelyn Robert et Michael Snow, entre autres, ont agit à titre de commissaires pour Carte grise. En 2008, la réalisation en a été confiée à Guy Maddin, cinéaste canadien de réputation internationale, qui a élaboré Collage Crimes. Née d’un travail préparatoire réalisé au sein du collectif Ordnance Pictures, cette Carte grise est toute entière construite autour de l’idée du collage et de certains de ses corollaires. Le développement des nouvelles technologies a continuellement repoussé les limites de la photographie. D’une manière paradoxale, l’image actuelle est demeurée conceptuellement fondée sur l’optique, alors même que cette mécanique disparaît progressivement de la production même des images. En ce sens, l’œuvre de Maddin est exemplaire. L’exposition se divise en trois sections. Dans un premier temps, dans Lullaby, Maddin réunit avec un montage au rythme effréné une série de scènes extraites de films de genre – si ce n’est de sous-genre - qui l’ont marqué, inspiré, voire ont servi de motif à ses films. Tous les archétypes s’y retrouvent dans une mise en images exacerbée du drame humain. Maddin propose le mélodrame à son plus pur, le mélodrame tel qu’il le définit : « la vraie vie dans tous ses excès et sans inhibition. » Au-delà du pathos ruisselant en surface se dessine une histoire du regard qui examine avec une acuité extrême doublée d’un humour pour le moins jubilatoire les mutations des pratiques de représentation. Dans la seconde partie de l’exposition, le cinéaste présente Cowardly Sandwich, un nouvel assemblage réalisé à partir de ses propres œuvres. Entre chacun des chapitres du film Cowards Bend the Knee, il a enchâssé un de ses courts métrages, sans qu’on distingue avec certitude lequel des films est l’écrin de l’autre. Ce faisant, Maddin impose au spectateur une nouvelle lecture de ses œuvres, lecture qui exploite au plus haut point les tensions entre les éléments à priori hétérogènes, anachroniques, incompatibles qu’il a fusionnés. Finalement, Maddin présente une vingtaine de collages et une vidéo muette issus de sa participation au collectif Ordnance Pictures. Ces collages, réalisés lors de séances hebdomadaires, servent d’incubateur à un nouveau projet du cinéaste, Keyhole, qui se veut une sorte de film combinatoire et interactif. En collaboration avec Dazibao et à l’occasion de l’exposition, le magazine 24 images consacre un dossier spécial au cinéma de Guy Maddin, dossier qui est accompagné d’un DVD proposant en première une anthologie des courts métrages du cinéaste. Ce numéro sera officiellement lancé le soir du vernissage. |