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LES HEURES D'ARGENT, TROIS ILLUMINATIONS
Une exposition de Suzan Vachon
L'exposition est présentée du 7 septembre au 8 octobre 2000
Repos et vertige - À la lumière diluvienne - Aux terribles soirs d'étude.
Arthur Rimbaud, Mouvement
Artiste interdisciplinaire, Suzan Vachon questionne certains rapports de correspondance et d'interpénétration entre la sculpture et la vidéo, le cinéma, la littérature
et la photographie, créant ainsi des œuvres émancipées de leurs limites traditionnelles. Présenté dans le cadre d'expositions, d'événements internationaux
ou de projet d'intégration des arts à l'architecture, son travail récent dénote un intérêt marqué pour la mise en scène de la lumière.
Ainsi, à l'origine de la recherche Les Heures d'argent, trois illuminations, il y a des fragments de textes issus des Illuminations d'Arthur Rimbaud dont la structure poétique, superbe
fragmenté du discours, sollicite vivement chez l'artiste certaines analogies avec le caractère elliptique du montage vidéographique. Espace de références inoui,
œuvre littéraire éminemment moderne, les Illuminations auront suscité l'apparition d'un réseau d'images qui se sont proposées puis imposées à l'artiste
dans sa recherche, dans cette tentative de dilater la contingence de l'image, d'en ouvrir la forme autant que la signification.
... j'ai cherché à installer des conditions d'apparition
d'images subites, à interroger certains phénomènes oscillatoires tels la présence, la disparition, la réapparition et à représenter ces phénomènes
de façon lumineuse. Ainsi, la recherche consiste à révéler dans chacune des séquences des lumières inouies, qui, comme le suggère le titre, sont
parfois tributaires de certains accidents atmosphériques. Chaque séquence, telle une « illumination » réfléchira donc la lumière comme phénomène.
Parmi ces manifestations, nommons le mirage, le scintillement, l'éblouissement et le rayonnement, ce qui est auréolé.
De plus, préoccupée par certains états
limites de l'image mouvement, j'utilise divers procédés syntaxiques comme autant de loupes temporelles qui exacerbent sa vitesse et la font basculer dans l'espace de l'impression plutôt
que de l'expression.
Enfin, l'apport sélectif de fragments poétiques propose les mots comme étincelles accoustiques dans l'espace, instaure une tension avec l'image. Ils sont,
non seulement un moyen d'augmenter sa capacité sémantique mais aussi, je l'espère, une manière toute particulière de l'étoiler.
Suzan Vachon
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