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INCONJUGUÉ
Vernissage jeudi le 14 novembre à 17h.
L'exposition est présentée du 14 novembre au 14 décembre 2002.
Nicolas Renaud est connu pour ses installations et bandes vidéo proposant des gros plans sur le corps qui unissent fonctions expressives et physiologiques dans un système propre à la tradition de l'action performative. Dans Parler de quelqu'un à soi-même (2000), par exemple, une bouche obstruée par de la glace s'exprime avec peine, puis lentement la glace fond et l'orifice dégoulinant devient un organe plus fonctionnel, retrouvant les sensations et une parole audible. Pour Articulations (1998), les paupières sont harnachées à la lèvre inférieure. Sous la torture de la prothèse, l'articulation de chaque mot soulève et tire les paupières sur les yeux.
Bien qu'en continuité avec le travail antérieur, Inconjugué, la nouvelle installation vidéo présentée à Dazibao, ainsi que les quatre courtes bandes qui l'accompagnent, se détachent du corps - à l'exception d'un gros plan inusité sur une bouche - et se distancient de la performance. Nicolas Renaud détourne sa caméra de lui-même. Des préoccupations fondamentales à son travail demeurent cependant : un seul plan, une prise de vue unique sans coupure où dans la durée l'image s'active, dans le temps la lumière se fait sur les choses. Loin de l'instantanéité, l'artiste recherche le moment de rupture dans le mouvement familier des choses.
Pour Inconjugué, dans des cadres fixes, découpés en tableaux pour que le spectateur puisse embrasser la totalité du plan d'un même regard, c'est la temporalité du représenté qui devient sujet, alors que différents moments d'un même plan, d'une même durée, surgissent simultanément. Tel le fleuve, au bas de l'une des images de ce dispositif, le temps s'écoule d'un cadre à l'autre. Mais si l'eau du fleuve doit symboliser le temps, elle est un tout uni, qui occupe tout son lit d'un même mouvement, et le présent qui défile sous nos yeux, d'un point de la rive, fut et sera présent ailleurs. Le titre peut donc signifier l'état de ces tableaux vidéo en l'absence du spectateur, avant qu'il y ait un sujet qui prenne position et dont le regard situe les choses dans le temps.
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