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| Chafing Jennifer Campbell |
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Avec Chafing, Jennifer Campbell explore le corps (le sien) le transformant, le transposant en paysage, meuble, machine, objet. Dans cet univers souvent surréaliste, des permutations en apparence ludiques instaurent un climat, une tension psychologique persistante. Jennifer Campbell vise les limites : les limites d'endurance de son corps, les limites de notre réceptivité perceptive, de notre capacité à moduler la réalité. Chafing réunit une série d'images photographiques, certaines de grand format, et deux vidéos. Les photographies mettent en scène un corps dénaturé tel un terrain, une matière propice à la création, un corps faisant figure d'instrument performatif intimement lié à des objets quotidiens dont l'artiste détourne la fonction usuelle. Ainsi, un tuyau à essence semble pallier une fonction vitale, une assiette se transpose en une étrange prothèse, une table se fait violoncelle Toujours l'objet se mesure au corps portant même parfois atteinte à la chair. Les vidéos, elles, semblent inverser le processus, donnant vie aux objets. Dans Jelly, deux bonnets de douche se transforment en organismes vivants, animés, flottant dans un espace abstrait. Le corps de l'artiste visuellement absent est signifié par le son d'une profonde respiration. Dans la vidéo intitulée Ducky, un canard de céramique flotte au gré des mouvances du corps, au rythme d'ondulations sonores pouvant tout autant évoquer le clapotis de l'eau qu'une digestion trouble. Dans les uvres de Campbell, réside constamment ce " frottement ", cette friction (d'où ce titre évocateur de Chafing) entre corps et machine, entre humain et objet, entre amusement et peur. | ||